Pistes de réflexion et d'organisation
1. Du côté de l'auteur
- La dimension promotionnelle par la création d'une énigme médiatique (qui est l'auteur ?) susceptible d'entretenir l'attrait pour le roman.
- Pensez à d'autres situations d'artistes « mystères » (Banksy) qui cultivent cet anonymat au service d'une notoriété paradoxale.
- La création d’un lien direct entre l’œuvre et son public (échapper au « système »), la suppression d'un héritage encombrant (comparaison avec des œuvres antérieures) ou du poids des critiques.
- La volonté de subvertir un certain ordre (littéraire) établi par le montage de la mystification et de dénoncer un « système » de prix, de reconnaissance institutionnelle.
2. Du côté des lecteurs
- La curiosité : le goût du mystère, la volonté de mener l'enquête, de « savoir » qui est l'auteur.
- La colère contre le sentiment d'être « piégé », « trahi ».
- L'admiration de l'audace de l'auteur et de sa capacité à renouveler son travail en osant des thématiques et une écriture réinventées (sorte de prise de risque).
- La reconnaissance de la fertilité de l'imagination de R. Gary ; mise en abyme : le créateur se créé lui-même.
- Une forme d'empathie pour les inquiétudes de R. Gary, ses doutes, le vertige de ce dédoublement (la métaphore du serpent et de sa mue présente dans le roman Gros-Câlin) ; questionner la dimension existentielle ou pathologique (sorte de dédoublement de la personnalité ; l'hypothèse psychanalytique : lien avec l'amour maternel et le décès de cette dernière à l'âge qu'a R. Gary).
3. La comparaison des deux œuvres (Les Racines du ciel et La Vie devant soi)
- L'écriture, le « style » (à mettre en relation avec l'interview de R. Gary sur Les Racines du Ciel ; la langue de l'auteur ou du personnage).
- Les points de vue dans chacun des romans et le regard sur le monde (adultes, enfants).
- Les thématiques abordées (dimension « écologique », sociale, philosophique).
- Peut-on entendre une « voix de l'auteur commune », malgré tout ?